Six points sur six, une place de leader provisoire et un record historique : à Bollaert, le Sporting a livré une copie d’une maturité remarquable (0-2). Luis Suárez est désormais le meilleur buteur de l’histoire des Leões en Ligue des champions, Issa Doumbia a signé son premier but dans la compétition, et un jeune gardien, Kaique, a fait taire le stade.
Il y a des déplacements qui font peur sur le papier. Lens en fait partie.
Un stade plein, une ambiance parmi les plus chaudes d’Europe, une équipe intense, agressive, capable de faire déjouer n’importe qui. Rui Borges l’avait lui-même rappelé avant la rencontre. Le Sporting savait où il mettait les pieds.
Il en est reparti avec trois points. Et la manière.
Luis Suárez, seul en haut de l’histoire
Le premier quart d’heure appartient pourtant à Lens. Dès la 10e minute, Franjo Ivanović manque une énorme occasion dans la surface. Le Sporting tremble, mais ne rompt pas.
Puis, à la 22e minute, tout bascule. João Simões perce dans l’axe et sert Nestory Irankunda, qui remet pour Luis Suárez. Le Colombien dévie au premier poteau : 0-1.
Ce but n’est pas un but comme les autres. C’est son septième en quatorze matchs de Ligue des champions sous le maillot vert et blanc. Avec lui, Suárez dépasse Liedson, Viktor Gyökeres et Francisco Trincão, tous bloqués à six. Arrivé à Alvalade à l’été 2025, il est déjà le meilleur buteur de l’histoire du Sporting dans la plus prestigieuse des compétitions européennes.
Liedson, Gyökeres, Trincão. Et maintenant Suárez, devant tout le monde.
Kaique, le baptême du feu réussi
Il fallait ensuite tenir. Et pour tenir, le Sporting a pu compter sur un homme que peu attendaient à ce niveau : Kaique.
Préféré à Rui Silva pour ce déplacement, le jeune gardien disputait son premier match sous le maillot du Sporting. À Bollaert. En Ligue des champions. Le genre de première qui peut briser une carrière ou la lancer.
Il a choisi la seconde option. Peu après la demi-heure, juste après un poteau d’Ivanović, il s’interpose devant Thauvin, puis devant Haïdara. En seconde période, il repousse encore une frappe lointaine d’Haïdara et une tentative d’Odsonne Édouard. Sans jamais trembler.
Rui Borges n’a pas caché son admiration après le match : « Kaique tem um potencial enorme. Por mais que seja alto e pareça mais velho, é um miúdo. » Un gamin, mais un gamin qui a gardé sa cage inviolée dans l’un des stades les plus bouillants d’Europe.
Doumbia ferme la porte
À la 74e minute, le Sporting tue le match. Jesse Derry, tout juste entré, lance l’action, Silas Andersen trouve Issa Doumbia lancé vers le but, et l’Italien conclut : 0-2. Son tout premier but en Ligue des champions, au meilleur moment.
Florian Thauvin aura bien une dernière occasion en fin de match, mais sa frappe passe à côté. Lens a poussé, a frappé, a parfois dominé. Le Sporting, lui, a été efficace. C’est souvent la différence à ce niveau.
Côté lensois, une absence aura retenu l’attention des lecteurs de Footbola : Mezian Soares, le jeune prodige qui a choisi le Portugal, ne figurait pas dans le onze de départ.
Un Sporting adulte
Au coup de sifflet final, Rui Borges résumait parfaitement la soirée : « Fomos uma equipa muito madura, fantástica. » Une équipe mûre. C’est peut-être le plus beau compliment que l’on puisse faire à ce Sporting.
Après la victoire contre Galatasaray lors de la première journée, les Leões comptent désormais six points en deux matchs et occupent provisoirement la tête de la phase de ligue. Lens, de son côté, concède sa première défaite dans la compétition et reste à trois points.
Prochain rendez-vous le 21 octobre, à Alvalade, face au LASK Linz. Avec une ambition qui n’a plus rien de secret : continuer à grimper.
O Leão rugiu em Lens !











