Ils sont nés à Mâcon, Reims, Senlis, Angoulême ou au Blanc-Mesnil. Certains ont été champions du monde avec les Bleus, d’autres champions d’Europe avec la Seleção. Tous ont un point commun : du sang portugais. Voici les footballeurs français qui ont le Portugal dans la famille… et le choix qu’ils ont fait.
Le 10 juillet 2016, au Stade de France, le Portugal bat la France en finale de l’Euro. Ce soir-là, une partie de l’histoire se joue en famille.
Dans le camp portugais, trois joueurs sont nés en France : Raphaël Guerreiro, Anthony Lopes et Adrien Silva. En face, l’attaquant star des Bleus s’appelle Antoine Griezmann, petit-fils d’un ancien défenseur de Paços de Ferreira.
Pour des milliers de familles luso-françaises, cette finale avait un goût particulier. Elle racontait leur histoire.
Ils ont choisi les Bleus
Antoine Griezmann, le petit-fils d’Amaro

C’est sans doute le cas le plus surprenant pour le grand public. Né à Mâcon en 1991, Antoine Griezmann a une mère d’origine portugaise, Isabelle Lopes. Son grand-père maternel, Amaro Lopes, surnommé « Amaro da Cavada », était défenseur au FC Paços de Ferreira dans les années 1950, avant d’émigrer à Mâcon en 1957.
Un héritage que Griezmann n’a jamais oublié : il a appelé son deuxième fils Amaro. Champion du monde en 2018 avec la France, il reste l’un des plus beaux symboles de ces racines portugaises qui coulent dans le football français.
Robert Pirès, un père supporter du Benfica

Né à Reims en 1973 d’un père portugais et d’une mère espagnole, Robert Pirès a tout gagné avec les Bleus : la Coupe du monde 1998 et l’Euro 2000. Le Portugal ? Il a reconnu n’avoir jamais vraiment ressenti l’envie de porter son maillot. Mais dans la famille, le cœur de son père battait pour le Benfica.
Kévin Gameiro, le refus de Queiroz

Né à Senlis en 1987, Kévin Gameiro a des origines portugaises par la lignée de son père. En 2009, Carlos Queiroz, alors sélectionneur du Portugal, l’a approché. Gameiro a décliné : il se sentait avant tout français. Il comptera finalement 13 sélections avec les Bleus.
Corentin Martins, le Breton aux parents portugais

Né à Brest en 1969 de parents portugais, Corentin Martins a lui aussi dit non au Portugal. En 1991, il décline la proposition de… Carlos Queiroz, déjà. Il disputera l’Euro 1996 avec l’équipe de France.
Ils sont nés en France… et ont choisi le Portugal
Raphaël Guerreiro, le gamin du Blanc-Mesnil

Né au Blanc-Mesnil en 1993, d’un père portugais originaire de l’Algarve, Raphaël Guerreiro n’a jamais vraiment hésité. Il l’a raconté sans détour : « Depuis que je suis tout petit, j’ai toujours préféré le Portugal à la France. Dans ma famille, c’est comme ça. »
Les étés près de Faro, le maillot du Benfica sur le dos : le choix était écrit. Champion d’Europe en 2016, il a été désigné dans l’équipe type du tournoi.
Anthony Lopes, un choix fait à 15 ans

Né à Givors, près de Lyon, en 1990, de parents portugais (une mère de Miranda do Douro, un père de Barcelos), Anthony Lopes a pris sa décision très tôt : « J’ai fait ce choix très jeune, à l’âge de 15, 16 ans. Et je l’ai fait tout seul, sans demander l’avis à personne. »
Le gardien emblématique de l’Olympique lyonnais l’a dit avec des mots simples : « Je considère le Portugal comme mon pays même si je n’y suis pas né. » Champion d’Europe en 2016, il faisait partie du groupe vainqueur au Stade de France.
Adrien Silva, d’Angoulême à la finale de l’Euro

Né à Angoulême en 1989, d’un père portugais et d’une mère française, Adrien Silva a commencé le football à Bordeaux avant que sa famille ne reparte au Portugal, où il rejoindra le Sporting. Le 10 juillet 2016, il était titulaire en finale… contre la France. « Aujourd’hui, je me sens plus portugais », confiait-il.
Mezian Soares, la relève

Et l’histoire continue. Né à Martigues en 2009, petit-fils du chanteur Felizardo Soares, Mezian Soares brille déjà à Lens et a été appelé chez les Espoirs portugais à seulement 16 ans. Son choix n’est pas encore définitif, mais il a pour l’instant opté pour la Seleção. Nous vous racontions son histoire dans cet article.
Deux pays, un même cœur
Ces parcours racontent tous la même chose : l’histoire de l’émigration portugaise en France. Des grands-parents partis dans les années 1950 et 1960, des enfants nés à Mâcon, à Givors ou au Blanc-Mesnil, et un football qui, deux générations plus tard, porte encore la trace de ce voyage.
Certains ont choisi la France, d’autres le Portugal. Aucun n’a eu tort. Chacun a suivi ce que lui dictait son cœur, et c’est peut-être la plus belle preuve que l’on peut être profondément l’un et l’autre à la fois.
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Portugueses de coração !









