Pendant des semaines, le Benfica n’avait plus que la mathématique pour espérer rêver encore en Ligue des champions. Des scénarios improbables, des comptes d’apothicaire, un souffle d’espoir qui semblait plus théorique que réel.
Mais ce mercredi soir, à la Luz, les aigles ont enfin montré quelque chose qui dépasse les chiffres : du jeu, de la personnalité, du caractère — et la conviction qu’ils peuvent aller chercher le play-off par la qualité.
Face au champion d’Italie, face à un Napoli qui n’avait été battu dans cette Champions League que par le Sporting, le Benfica de José Mourinho a livré son match le plus abouti de la saison 2025-26. Et il l’a fait avec autorité.
Une entrée en scène pleine de promesses… mais déjà porteuse de frayeurs
Comme face au Leverkusen un mois plus tôt, Benfica démarre fort, agressif, dominateur… et déjà frustrant.
Ivanovic puis Aursnes se procurent deux occasions monumentales, deux moments qui soulèvent la Luz mais laissent ce goût d’occasion perdue, si familier aux supporters cette saison.
On croit alors revivre le même film : Benfica produit, Benfica se donne, Benfica rate… puis Benfica paye.
Sauf que cette fois, quelque chose a changé.
Un Benfica à la fois compétitif ET créatif
Le dérbi face au Sporting avait montré un Benfica courageux, guerrier.
Ce soir, Mourinho y a ajouté de la créativité, de l’objectivité et une élimination presque totale des erreurs primaires qui empoisonnaient l’équipe depuis la fin de l’ère Bruno Lage.
La structure défensive est solide.
Le pressing est coordonné.
Benfica ouvre le score, pousse Naples à reculer, impose son rythme. Les Italiens réagissent, mais malgré leur qualité avec ballon, ils peinent à réellement déstabiliser les encarnados. Deux duels aériens dangereux, et… c’est à peu près tout.
Conte réagit, Benfica frappe encore
À la pause, Antonio Conte comprend que son Napoli est en dessous du niveau attendu pour un champion d’Italie. Il lance Politano et Spinazzola pour réanimer son couloir droit et ajouter de la percussion.
Mais avant même que ses ajustements portent leurs fruits, Benfica frappe à nouveau.
Ríos — dans ce qui ressemble à son meilleur match avec les aigles — surgit à toute vitesse côté droit, récupère une inspiration d’Ivanovic et dépose un centre parfait pour Leandro Barreiro.
Un geste génial, un talon inspiré, un stade qui explose : 2–0.
Un but de grande classe, symbole d’un Benfica libéré, inspiré, sûr de lui.
Une fin de match maîtrisée… et deux moments symboliques
Avec deux buts d’avance, Benfica recule intelligemment, gère la nervosité italienne et contre à la moindre opportunité.
Pavlidis manque deux fois le 3–0, mais qu’importe : l’essentiel est ailleurs.
D’abord dans la solidité défensive, renforcée par l’entrée d’António Silva.
Ensuite dans la jeunesse : Mourinho offre leurs premières minutes européennes à José Neto et Tiago Freitas, deux talents bruts du Seixal. Deux images fortes, presque solennelles, dans une soirée déjà riche de signaux positifs.
Enfin de la lumière : Benfica est vivant
Sept matchs que la Champions League n’avait plus souri au Benfica.
Sept matchs d’incertitudes, de doutes, de regrets.
Mais ce soir, la Luz a brillé à nouveau.
Non pas parce que Benfica a gagné — mais parce qu’il a convaincu.
Parce qu’il a joué avec l’intensité d’un grand d’Europe, l’intelligence d’une équipe sûre de son plan, et la créativité qui lui manquait depuis des mois.
Mourinho peut enfin dire :
« Nous ne sommes plus vivants sur le papier. Nous sommes vivants sur le terrain. »
Et le play-off, longtemps utopique, redevient un objectif réaliste.
Ce soir, à Lisbonne, il ne s’est pas seulement passé une victoire.
Il s’est passé un réveil.









