Le Sporting CP a vécu une nuit cauchemardesque au-delà du cercle polaire. Écrasés 3-0 par le club norvégien de Bodo/Glimt mercredi soir en huitième de finale aller de la Ligue des Champions, les hommes de Rui Borges abordent le match retour au Stade José Alvalade, mardi prochain, dos au mur.
Il y a des stades qui font peur, même sur le papier. L’Aspmyra Stadion, perché au-dessus du cercle arctique dans la petite ville de pêcheurs norvégienne de Bodø, est l’un d’eux. Manchester City, l’Inter Milan, l’Atlético de Madrid en ont déjà fait les frais cette saison. Mercredi soir, c’était au tour du Sporting CP d’affronter ce qu’il est désormais convenu d’appeler la « forteresse du grand Nord ».
Première période : le Sporting sombre avant la pause
Dès les premières minutes, le Sporting a semblé dépassé par l’intensité et la vitesse de jeu des Norvégiens, qui ont rapidement mis la défense portugaise sous pression. Bodo/Glimt a failli ouvrir le score dès la 8e minute sur une frappe de Jens Petter Hauge qui a frôlé le poteau de Rui Silva. L’ouverture du score a finalement eu lieu à la 32e minute sur un penalty — jugé trop généreux côté portugais — transformé avec sang-froid par Sondre Brunstad Fet. Juste avant la mi-temps, Ole Didrik Blomberg a alourdi la marque en concluant une belle combinaison collective (45e+1), permettant aux locaux de rentrer aux vestiaires avec une avance confortable.
Seconde période : le Sporting réagit mais Høgh assène le coup fatal
Au retour des vestiaires, le Sporting a tenté de hausser le ton. Le Colombien Luis Suarez a obligé le gardien Nikita Haikin à une belle parade (60e), et les Lions de Lisbonne se sont procuré quelques opportunités. Mais ils ont manqué de tranchant et se sont heurtés à un bloc norvégien impeccablement organisé. Kasper Høgh a définitivement scellé l’issue du match à la 71e minute en reprenant un centre tendu de Hauge. Score final, sans appel : 3-0.
Rui Borges : « Sans l’envie de courir, les tactiques ne servent à rien »
Après la rencontre, le coach du Sporting n’a pas cherché d’excuses. Conscient que son équipe n’a pas affiché le bon état d’esprit, Rui Borges a pointé du doigt le manque d’implication physique de ses joueurs, estimant que sans l’envie de courir et de se battre sur chaque ballon, aucune stratégie ne peut fonctionner. Une analyse lucide, mais qui n’a pas convaincu les supporters présents à Bodø, qui ont vivement contesté la prestation de l’équipe à l’issue du match.
Le penalty était-il vraiment sifflé ?
La polémique a rapidement enflé du côté portugais. L’analyste Pedro Henriques, dans les colonnes d’A Bola, a estimé que le penalty accordé pour une faute sur Fet n’aurait pas dû l’être — un contact jugé insuffisant pour mériter une sanction aussi lourde. Une décision qui, dans un match aussi serré émotionnellement, a peut-être fait basculer la rencontre dès la première heure de jeu.
Un exploit norvégien XXL
Côté Bodo/Glimt, le conte de fées continue. Le club nordique, au bord de la faillite il y a dix ans, enchaîne une cinquième victoire consécutive en Ligue des Champions. Avec un bilan de xG de 2,46 contre seulement 0,51 pour le Sporting, la domination a été totale et méritée. Høgh totalise désormais cinq buts dans cette édition, rejoignant Nicklas Bendtner (2009-10) et Rasmus Højlund (2023-24) comme meilleur Danois sur une même campagne européenne.
Et maintenant ?
Le match retour aura lieu mardi 17 mars à Lisbonne, au Stade José Alvalade. Pour se qualifier, le Sporting devra inverser une marée de trois buts — une mission qui tiendra du miracle. En cas d’élimination, Bodo/Glimt défiera Bayer Leverkusen ou Arsenal en quarts de finale.









